samedi, mai 10, 2008

Augusto de Campos : littérature & Internet

Dans TV Cronòpios, le dernier entretien est réalisé avec Augusto de Campos (par Edson Cruz, avec Pipol à la caméra). Cronòpios a en effet consacré le quatrième numéro de sa revue en ligne, Mnemozine - que je vous conseille vivement de consulter, elle est remarquable ! - à ce poète brésilien très important. Vous pouvez notamment y voir quelques poèmes visuels créés à partir de technologies numériques. Et de très nombreux articles, entretiens, extensions audio et vidéo...

Pour résumer le propos de la vidéo ci-dessus (l'image n'est qu'une capture d'écran, il faut aller ici pour la voir), Augusto de Campos parle de l'importance d'Internet et de l'ordinateur dans sa création. Pour lui, le rapport à la machine est devenu indispensable. Et Internet est le seul espace qui reste réellement ouvert à la poésie - puisque les espaces d'édition papier connaissent des difficultés économiques. Il ajoute qu'Internet est devenu incontournable pour la visibilité de la poésie (il cite Cronòpios et Erratica) dans la mesure où les supports papiers n'ont plus la possibilité de la chroniquer et se dédient presque exclusivement aux best-sellers. Dans la grande mare de communication qu'est Internet, on trouve des niches artistiques exceptionnelles. Et pour sa part, il dit fréquenter moins les librairies car il trouve davantage d'informations internationales sur Internet. Mais il précise que le livre reste un objet unique, qu'il a des avantages, par exemple, il n'est pas sujet à la cruauté des mises à jour. C'est un objet intime, avec une matérialité intrinsèque, unique. Un support n'en élimine pas un autre. Augusto de Campos parle de complémentarité de ces deux supports, Internet, et le livre papier, particulièrement en littérature.

vendredi, mai 09, 2008

Chroniques versatiles

J'ai la joie de vous annoncer ma collaboration régulière - mensuelle - au site brésilien Cronòpios dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois, sous forme de textes de critique littéraire dans la rubrique "chroniques versatiles" créée spécialement à cet effet car ce sont, pour l'instant, les seuls textes en français du site.
Vous (= les lecteurs français) aurez sans doute déjà lu certains de ces textes - mais pas tous ! - par exemple le premier, sur Nathalie Quintane, dont un livre, Début (Començo) est traduit en portugais du Brésil chez 7Letras.

Seront également présents des textes de création dans les rubriques "poésie" ou "prose"... ce sera le choix éditorial d'Edson Cruz !

Sambaquis

Je vous avais parlé du site Cronòpios, édité par Edson Cruz et Pipol mais pas de l'excellent blog d'Edson Cruz, Sambaquis, que je vous invite à consulter.
J'ai ai de surcroit découvert le petit gadget, "snap-shots", que vous pouvez voir depuis hier sur rougelarsenrose - permettant une prévisualisation des liens.

Pour Octave

Bienvenue, enfant du 8 mai 2008 !
Voici pour tes parents et toi, la version démo d'une chanson écrite et composée par Emmanuel Tugny il y a quelques mois pour la naissance de Leonardo, le fils d'Otavio Moura, le batteur de Molypop. On la fredonne aujourd'hui pour toi.

Leonardo (démo)

jeudi, mai 08, 2008

Le temps est avec moi



Côté météo tout du moins, car côté tic tac qui s’écoule, ça va beaucoup trop vite pour moi – exactement l’inverse du dernier livre d’Orion Scohy, Norma Ramòn, que je viens juste de commencer. C’est vraiment déstabilisant, ce changement d’hémisphère. Tout d’abord parce que ça me va très bien, à moi, les latitudes tropicales et les aisselles à l’air, comme qui dirait, et puis parce que bien sûr, c’est génial de quitter les routines pour gagner les routes et ne faire, ou presque, que l’écrivain pendant presque trois semaines. Surtout, je suis pro Brésiliens et anti Parisiens. Non, ce n’est pas une caricature. Cela ne vaut évidemment pas pour tous les Brésiliens et tous les Parisiens, n’exagérons rien. Mais force est de constater que l’impression générale parisienne, que je connais à présent depuis de longues années, est stressée, stressante, rude et impolie (je n’arrête pas de m’engueuler avec une bande de gougnafiers depuis que je suis rentrée : les voisins qui ne disent pas bonjour, la vieille bourgeoise qui bouscule Emmanuel dans un magasin non seulement sans s’excuser mais en nous criant dessus en prime, une abrutie coiffée de chez Kiliwatch… Heureusement, il y a toujours quelques sujets d’amusement et de joie de-ci de-là…) ; alors que l’impression générale brésilienne est tranquille et attentionnée – sauf quand on se fait assalter avec un 9 mm sous le nez, bien sûr. Pas étonnant qu’on se tape Sarko, on mérite finalement, dans ce pays, qui n’a pourtant sans doute pas toujours été comme ça. Je me demande ce qui, historiquement, pourrait changer la donne. Quel événement. Devrait-il être forcément violent ? Ce qui réveillerait ou réveillera et créerait ou créera une conscience généreuse de l’autre. Quelle utopiste je fais, ça y est, je parle comme ma mère.

vendredi, mai 02, 2008

Saudade

jeudi, mai 01, 2008

Dernière étape...



São Salvador da Bahia de Todos os Santos
qui sent les épices dès la sortie de l'avion et où l'on voit de drôles de petits singes à collerette blanche, dans les arbres.

Deux nouvelles conférences sur la question des blogs littéraires en France à la section littéraire de l'Université UFBA et à l'Alliance française ; à nouveau, un public passionné.
J'y ai notamment rencontré Lina Trinidade, auteur d'un livre de contes, Corações blues e serpentinas, chez Arte Paubrasil, publiant également dans le revue électronique Verbo 21, et Sandro Ornellas, auteur de Trabalhos do corpo chez Letra Capital et qui pilote son Simulator de võo...

mercredi, avril 30, 2008

« Non Ducor, Duco. »



Séjour bref mais intense dans la gigantesque São Paulo. Impossible d’appréhender ne serait-ce qu’un dixième de la ville et le lit de la chambre d’hôtel (qui fait la taille d’un appartement parisien…) est tellement grand que j’ai du mal à y dormir – on s’y fait vite mais comme on n’a pas le temps...
Conférences sur la poésie contemporaine française à l’Alliance Française de Jardim América puis à l’Université (USP), conférence sur les blogs littéraires français à la Livraria Martins Fontes, rencontre animée par Sonia Goldfeder. À nouveau, je suis très impressionnée par l’intérêt et la qualité du public brésilien, très calé en langue et littérature française.
Ce soir, à la librairie, j’ai également apprécié en détail le fonctionnement du très impressionnant, tant du point de vue du contenu que du design, site Cronòpios grâce à la visite guidée que nous ont offert ses éditeurs, Edson Cruz et Pipol. Et découvert un nouveau site qui me coûtera sans doute quelques nuits blanches : la revue électronique bilingue portugais/espagnol Agulha, animée par le poète Claudio Willer.
J’ai également enfin rencontré Sérgio Pinto de Almeida et Denise Natale, les éditeurs brésiliens de José Agrippino de Paula qui m’ont donné à lire, entre autres choses, Lugar Pùblico.
Bref, um copo de euforia.

dimanche, avril 27, 2008

Inimigo rumor

... Hier, donc, lecture d'un extrait de Fonction Elvis pour le dixième anniversaire de la revue Inimigo rumor, à Rio, à la Livraria Berinjela, sur une invitation de Carlito Azevedo & Marilia Garcia.
Très fière de participer à la célébration de cette revue de grande qualité, heureuse des échanges (un peu honteuse, néanmoins, tout le monde parle un français parfait, alors que mon vocabulaire portugais se restreint à une trentaine de mots...) et très impressionnée par le travail éditorial de la collection "às de colete". Non seulement le choix des textes mais la qualité (technique, matérielle) des publications. Oh, le temps passe trop vite...

samedi, avril 26, 2008

« Il était athée mais il a fini par devenir catholique. »



C’est ce qu’on dit de Heitor da Silva Costa, ingénieur qui a construit le Cristo redentor avec le sculpteur français Paul Landowski. (Un concours avait été organisé par l’Église catholique en 1921 afin de célébrer le centenaire de l’indépendance du Brésil, datant de1822.)

Il est rare à Rio, sauf en pleine rue, entouré de hauts immeubles, qu’on n’ait pas ce Christ monumental dans son champ de vision. (Je me souviens de Jean-Marie Gleize parlant du Génie de la Bastille de son enfance, toujours dans un coin de ciel, à chaque coin de rue, et de son angoisse quand il disparaissait.)



À chaque fois que le Cristo redentor surgit, je pense « pourquoi, pourquoi, pourquoi ? ». Ce n’est pas que je ne l’aime pas, c’est un repère, on n’imaginerait plus le pain de sucre sans lui. Mais, simplement, je pense « pourquoi, pourquoi, pourquoi ? » et j’imagine un énorme Cristo redentor sur la lune, en pochoir, un peu comme le logo de Batman… (& je trouve ensuite cette image sur le net...)



(Jean-Marie Gleize, en Christ noir au Jardin Botanique de Rio, photo José Eduardo Barros.)

On va finir par réagir ou bien quoi ?


... Sinon il n'y a plus qu'à se laisser mettre la tête sous l'eau, l'agonie sera moins longue :

sur le blog de Marc Pautrel, relayant une information de François Bon, on apprend la suppression de la Direction du Livre et de la Lecture par le gouvernement français. Comment peut-on procéder à un tel massacre social, culturel, politique, bref, sur tous les plans, en si peu de temps ? (Encore une nouvelle comme ça et je balance mon passeport dans la lagune)...


(Rien n'est perdu, sans doute, mais ce serait bien de se bouger un peu, quand même, façon directe et/ou La Fontaine mais RÉAGISSONS !...)

mercredi, avril 23, 2008

Dieu que les vagues sont grandes

... à Rio !



Hier, c'était une rencontre au Café Letrado avec le poète brésilien Màrcio-André dont le travail s'apparente à la poésie sonore et qui est également un activiste éditorial. La rencontre était animée par Solange Rebuzzi et José Eduardo Barros. À nouveau, on peut dire que le monde est petit car j'y ai revu une connaissance du temps de mes études à Paris III, Ana-Valeria Lessa, qui est professeur et traductrice à Rio...




LL, Màrcio-André & le public qui commence à arriver.


Màrcio-André, Solange Rebuzzi, LL & Gilliane Joly, de l'Ambassade.

Prochaine étape demain : le lancement du numéro 20 de la revue Inimigo Rumor, coordonné par Carlito Azevedo.

Photos du Café Letrado : José Eduardo Barros